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Un requin-baleine nage de droite à gauche dans un bleu profond, entouré d'un nuage de poissons, un second requin-baleine et un plongeur en silhouette au-dessus de lui

Le requin-baleine

Rhincodon typus

Animal

Le requin-baleine est le plus grand poisson du monde, un géant à points blancs qui filtre le plancton et se laisse approcher en palmes, masque et tuba. On le rencontre à Mafia Island d'octobre à mars, au sud de l'atoll d'Ari toute l'année et à Richelieu Rock de février à avril. L'espèce est en danger : on l'observe sans la toucher.

Où plonger pour voir le requin-baleine ?

Comment le reconnaître ?

Impossible de le confondre : un corps massif, gris-bleu sur le dos et blanc dessous, couvert d'un damier de points et de lignes claires, une tête large et plate, une bouche frontale qui mesure plus d'un mètre et demi sur un individu de 12 mètres. Trois crêtes longitudinales courent sur chaque flanc jusqu'à une queue en croissant. Le plus grand individu mesuré de façon fiable faisait 18,8 mètres ; la plupart des rencontres se font avec des animaux de 5 à 10 mètres, souvent de jeunes mâles. Un spécimen de 11 à 12 mètres pesait une quinzaine de tonnes. Le dessin des points est propre à chaque animal, comme une empreinte : les programmes de suivi identifient les individus sur une photo du flanc gauche, derrière les ouïes.

Comment vit-il ?

Le requin-baleine est un filtreur. Il nage la bouche ouverte, à 5 km/h environ, et retient sur ses peignes branchiaux le plancton, le krill, les oeufs de poissons et les petits poissons en banc ; il peut aussi aspirer l'eau par à-coups quand la nourriture se concentre en surface. C'est ce qui le rend visible : là où un courant, une marée ou une ponte de corail chargent l'eau de plancton, il remonte manger en surface, à portée de tuba. Le reste du temps, il voyage et plonge profond, jusqu'à 1 928 mètres pour le record enregistré. L'espèce vit dans toutes les mers chaudes, entre 30 degrés de latitude nord et 35 degrés de latitude sud. Elle est ovovivipare : une femelle capturée en 1996 portait quelque 300 embryons, et les petits naissent à 40 ou 60 centimètres. La maturité n'arrive qu'autour de 8 ou 9 mètres, et la longévité est estimée entre 80 et 130 ans.

Où et quand le voir ?

Chaque site a sa saison, calée sur le plancton. En Tanzanie, les requins-baleines de Mafia Island remontent en surface d'octobre à mars au large de Kilindoni, avec un pic de novembre à février ; la rencontre se fait en palmes-masque-tuba, jamais en bouteille. Aux Maldives, le sud de l'atoll d'Ari en abrite toute l'année, le long du récif extérieur. En Thaïlande, Richelieu Rock les voit passer de février à avril. Aux Philippines, Donsol reste le rendez-vous naturel ; à Oslob, sur Cebu, les requins sont nourris par les pêcheurs et la rencontre, garantie, n'a plus rien de sauvage. Au Mexique, Isla Mujeres rassemble de juin à septembre l'une des plus grandes concentrations connues, avec un pic en juillet et en août. Ailleurs, le récif de Ningaloo en Australie, le golfe de Tadjourah à Djibouti, Tofo au Mozambique, La Paz en Basse-Californie et les îles Galápagos comptent parmi les sites réguliers.

Comment s'en approcher ?

Un requin-baleine ne mord pas, mais un coup de queue de plusieurs tonnes ne se discute pas, et un animal harcelé quitte la surface. Les codes de conduite des sites sérieux disent tous la même chose : trois mètres au moins entre le nageur et l'animal, davantage de la queue ; mise à l'eau sur ordre du guide, par le côté, sans sauter devant lui ; pas de contact, pas de flash, pas de scooter ; on ne lui coupe pas la route et on ne s'accroche jamais à sa nageoire. À Mafia, les opérateurs limitent le nombre de nageurs par sortie et travaillent avec Sea Sense et la Marine Megafauna Foundation, qui ont écrit le code appliqué sur l'île. Le nourrissage, pratiqué à Oslob, modifie le comportement des animaux et n'est pas une bonne idée.

Est-il menacé ?

Le requin-baleine est classé en danger d'extinction sur la liste rouge de l'UICN depuis 2016 : ses effectifs ont reculé d'environ 50 % en 75 ans, et de 63 % dans l'Indo-Pacifique. La pêche de ses ailerons et de sa chair, les prises accidentelles dans les filets et les collisions avec les navires en sont les causes, aggravées par une maturité tardive et une reproduction lente. Il est inscrit à l'annexe II de la CITES, qui encadre son commerce international. L'observation touristique, quand elle respecte les distances, lui est plutôt favorable : elle finance le suivi photographique des populations et donne aux villages de pêcheurs, à Mafia comme à Donsol, une raison de le garder vivant.

Notre conseil

Restez à trois mètres au moins, approchez par le côté et ne vous mettez jamais devant sa bouche ni derrière sa queue. Pas de contact, pas de flash, pas de palmes dans son sillage : un requin-baleine dérangé plonge et la rencontre est finie pour tout le monde. Choisissez un opérateur qui limite le nombre de nageurs et qui n'appâte pas.

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