Le récif de Tubbataha réunit deux atolls à 150 kilomètres au large de Palawan, en pleine mer de Sulu. Ses murs plongent à plus de 100 mètres, et les requins de récif et les tortues s'y montrent à presque chaque plongée. Ce parc du patrimoine mondial ne se plonge qu'en croisière, de la mi-mars à la mi-juin.
Pourquoi plonger au récif de Tubbataha ?
- Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1993 et zone de non-prélèvement stricte de 97 030 hectares, au coeur du Triangle de corail
- Des murs verticaux de plus de 100 mètres, dérivés dans une visibilité de 20 à 40 mètres
- 360 espèces de corail, près de 90 % de celles des Philippines, et quelque 700 espèces de poissons
- Requins de récif et tortues à presque chaque plongée, marteaux, mantas et requins-baleines possibles
- Trois mois par an, en croisière seulement : des plongées sans un autre bateau à l'horizon
Le spot sur la carte
Base : Puerto Princesa, à 163 km à vol d'oiseau.
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Que verrez-vous au récif de Tubbataha ?
Tubbataha concentre 360 espèces de corail, près de 90 % de celles des Philippines, et quelque 700 espèces de poissons sur deux atolls posés au milieu de la mer de Sulu. Les requins de récif se voient tous les jours : pointes blanches, pointes noires et requins gris, surtout sur le flanc nord de l'atoll Nord et sur le plateau de Shark Airport. Les tortues vertes et imbriquées pondent sur les îlots et croisent les plongeurs à presque chaque plongée. Le long des tombants passent des bancs de barracudas, des carangues géantes et des thons à dents de chien, côté sud de l'atoll Nord ; un napoléon garde Amos Rock. Les mantas fréquentent Washing Machine et le Malayan Wreck, les requins-marteaux se montrent tôt le matin, en profondeur, à l'atoll Sud et à Jessie Beazley, et des requins-baleines surgissent certains jours sur le tombant de Staghorn Point. Le requin-tigre est signalé, rarement. Dans les gorgones de Seafan Alley vivent des hippocampes pygmées. Onze à treize espèces de cétacés fréquentent le parc, et les îlots portent les plus grandes colonies de fous bruns du pays.
| Espèce | J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D | Note |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
Le requin gris de récif | rare | rare | possible | période principale | période principale | possible | rare | rare | rare | rare | rare | rare | tous les jours sur le flanc nord de l'atoll Nord, avec les pointes blanches et les pointes noires |
La tortue verte | rare | rare | possible | période principale | période principale | possible | rare | rare | rare | rare | rare | rare | à presque chaque plongée ; elle pond sur les îlots du parc |
La tortue imbriquée | rare | rare | possible | période principale | période principale | possible | rare | rare | rare | rare | rare | rare | sur les platiers et les hauts de tombant, elle pond aussi dans le parc |
Le napoléon | rare | rare | possible | période principale | période principale | possible | rare | rare | rare | rare | rare | rare | à Amos Rock, sur l'atoll Nord |
La raie manta de récif | rare | rare | possible | possible | possible | possible | rare | rare | rare | rare | rare | rare | à Washing Machine et au Malayan Wreck, imprévisible |
Le requin-baleine | rare | rare | possible | possible | possible | possible | rare | rare | rare | rare | rare | rare | de passage sur le tombant de Staghorn Point, à l'atoll Sud, certains jours |
Le requin-tigre | rare | rare | possible | possible | possible | possible | rare | rare | rare | rare | rare | rare | signalé dans le parc, rare |
| Requins marteaux | rare | rare | possible | possible | possible | possible | rare | rare | rare | rare | rare | rare | tôt le matin et en profondeur, à l'atoll Sud et à Jessie Beazley |
| Barracudas | rare | rare | possible | période principale | période principale | possible | rare | rare | rare | rare | rare | rare | en banc le long des murs, à Staghorn Point notamment |
La carangue à gros yeux | rare | rare | possible | période principale | période principale | possible | rare | rare | rare | rare | rare | rare | côté sud de l'atoll Nord, dans le bleu au large du tombant |
Le thon à dents de chien | rare | rare | possible | période principale | période principale | possible | rare | rare | rare | rare | rare | rare | côté sud de l'atoll Nord, dans le bleu au large du tombant |
L'hippocampe pygmée | rare | rare | possible | période principale | période principale | possible | rare | rare | rare | rare | rare | rare | sur les gorgones de Seafan Alley |
période principalepossiblerare
Comment se passe la plongée au récif de Tubbataha ?
Les platiers des atolls commencent vers 5 à 7 mètres et les murs tombent à la verticale sur plus de 100 mètres : on plonge sur la paroi, entre 10 et 40 mètres, et le fond n'est jamais une référence. Le courant est le vrai sujet. Fort et changeant selon la profondeur, il fait de la plupart des plongées des dérives, et des courants descendants guettent le long des tombants ; Washing Machine, côté sud de l'atoll Nord, enchaîne des courants violents qui éprouvent même les plongeurs confirmés. Jessie Beazley est plus simple, un plateau de 7 à 12 mètres puis un tombant à 50 mètres, dont deux plongées font le tour. La visibilité va de 20 à 40 mètres, parfois 10 selon la marée, parfois 45. Les bateaux exigent l'Advanced Open Water, 50 plongées au carnet et de l'aisance dans le courant ; ils interdisent les gants et les crochets de récif, limitent les plongées à 60 minutes et ne font pas de plongée de nuit, à cause des murs et du courant. Un formulaire médical est demandé avant l'embarquement. Le parc est à 150 kilomètres de la côte : on plonge en dedans de ses limites.
Quand plonger au récif de Tubbataha ?
idéalbondéconseillé
Le parc n'ouvre à la plongée que de la mi-mars à la mi-juin, quand la mer de Sulu est la plus calme ; le reste de l'année, la mousson du nord-est, de novembre à mars, puis celle du sud-ouest et les typhons, de juillet à octobre, interdisent les dix heures de traversée et aucun bateau n'y va. Avril et mai sont les mois les plus stables ; en mars et en juin, la saison n'est ouverte qu'une partie du mois et la mer est moins sûre. Les dates se fixent chaque année ; certains bateaux programment des départs dès le début de mars. L'eau est à 27,7 °C en moyenne en mars et à 29,9 °C en juin, avec des minima vers 27 °C : une combinaison de 3 millimètres suffit, 5 millimètres ou un gilet à capuche pour quatre plongées par jour. Requins de récif et tortues se voient sur toute la saison ; marteaux, mantas et requins-baleines restent imprévisibles, plus fréquents quand le courant est fort et l'eau chargée de plancton. Les places se prennent 12 à 18 mois à l'avance, des années pour Pâques et la Golden Week.
Comment aller au récif de Tubbataha ?
Il n'y a ni île habitée ni hôtel à Tubbataha : la croisière est la seule façon d'y plonger, et seuls les bateaux accrédités par le bureau du parc y entrent. On vole vers Manille, puis une heure jusqu'à Puerto Princesa, à Palawan, où l'on arrive la veille. Embarquement en fin d'après-midi ou en soirée, dix heures de traversée de nuit, et les plongées commencent au matin ; six ou sept nuits à bord, jusqu'à quatre plongées par jour. Douze bateaux étaient accrédités fin 2025, dont l'Atlantis Azores, les deux Philippine Aggressor, le Philippine Siren 2, le Seadoors et l'Infiniti. La saison 2026 est passée et les grilles affichent 2027 : le Philippine Siren, six nuits, départs le 23 mars et le 1er juin 2027, à partir de 4 680 USD (4 180 EUR), plus 205 USD de droits de parc et de port ; l'Atlantis Azores, sept nuits, départs les 6 mars, 3 avril et 29 mai 2027, à partir de 4 595 USD (4 110 EUR). Le droit d'entrée du parc est de 5 000 PHP par personne, payable en pesos avant l'entrée, gratuit pour les moins de 12 ans. Tarifs relevés le 14 octobre 2026.
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Où dormir près du récif de Tubbataha ?
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Deux atolls au milieu de la mer de Sulu
Tubbataha vient du sama-bajau tubba et taha, un long récif découvert à marée basse ; les pêcheurs de Cagayancillo, la commune de rattachement à 130 kilomètres au nord-est, l'appellent Gusong. Le parc réunit deux vrais atolls, Nord et Sud, séparés d'une quinzaine de kilomètres, et la caye de Jessie Beazley, 20 kilomètres plus au nord, posés sur la Cagayan Ridge, un arc volcanique éteint du Miocène : des récifs frangeants ont grandi autour d'îles qui se sont enfoncées, selon le schéma décrit par Darwin, et les variations du niveau de la mer ont taillé les pentes en escalier. Autour, la haute mer a 750 mètres de fond en moyenne. Chaque atoll porte un îlot de corail sans eau douce, donc inhabité ; le tombant de l'atoll Sud court sur 12 kilomètres. La station des gardes, construite en 2000 sur l'îlot sud-est de l'atoll Nord, est la seule construction du parc : dix à douze hommes de la marine, des garde-côtes, de Cagayancillo et du bureau du parc s'y relaient tous les deux mois.
De la dynamite au patrimoine mondial
Dans les années 1980, les récifs sont pêchés à la dynamite et au cyanure. Le 11 août 1988, la proclamation 306 de Corazon Aquino en fait le premier parc marin national des Philippines, sur 332 kilomètres carrés. L'UNESCO l'inscrit au patrimoine mondial en décembre 1993, Ramsar en 1999 ; le 23 août 2006, la proclamation 1126 porte le parc à 970 kilomètres carrés en y ajoutant Jessie Beazley et le reclasse en parc naturel, extension reconnue par l'UNESCO en 2009. Parc du patrimoine de l'ASEAN en 2015, zone maritime particulièrement vulnérable de l'OMI depuis le 25 juillet 2017, le récif figure au revers du billet de 1 000 pesos de la série 2010. Angelique Songco, que tout le monde appelle Mama Ranger, dirige le parc depuis 2001 ; les gardes ont encore arrêté des pêcheurs illégaux en 2012, 2015, 2017, 2021 et 2023.
Les navires ont fait plus de dégâts que les pêcheurs. Le Rainbow Warrior de Greenpeace s'échoue le 31 octobre 2005 et abîme une centaine de mètres carrés de corail. Le 17 janvier 2013, l'USS Guardian, dragueur de mines américain, se plante sur l'atoll Sud ; il faut le découper sur place, la dernière section part le 30 mars, et 2 345 mètres carrés de récif sont détruits : les États-Unis versent 87 millions de pesos le 20 janvier 2015. En 2020, le blanchissement a touché jusqu'à 20 % du corail dur, et les plastiques venus de Malaisie, d'Indonésie et du Viêt Nam s'échouent sur les îlots.
Une semaine de plongées, site par site
Une plongée type part en dérive le long d'un mur de gorgones et de coraux mous, requins gris, carangues et thons au large, puis remonte vers les coraux durs, les anthias, les poissons-cochers et les balistes, pour finir le palier sur le platier, entre les grosses patates de corail, les bancs de carangues et de barracudas, les pointes blanches et les tortues. Sur l'atoll Nord, Amos Rock est le tombant aux grandes gorgones, vivaneaux, mérous, napoléons et requins ; Washing Machine la dérive rapide aux courants violents et changeants ; Shark Airport le plateau où les requins se posent près d'une station de nettoyage ; Seafan Alley le mur des gorgones et de leurs hippocampes pygmées ; le Malayan Wreck une épave posée dans 2 à 4 mètres d'eau, riche en macro, devant un tombant de 60 mètres où passent des mantas. Sur l'atoll Sud, Black Rock aligne les bancs d'idoles des Maures et les anémones, le Delsan Wreck se plonge pour son tombant, l'épave elle-même étant trop haute, et Staghorn Point reçoit carangues, barracudas et, certains jours, des requins-baleines. Jessie Beazley, 1,5 kilomètre de large, se fait en deux plongées, avec ses marteaux et ses requins de récif. Pas de plongée de nuit : les murs et le courant l'interdisent.
Notre conseil
Réservez 12 à 18 mois à l'avance et visez avril ou mai, les mois les plus stables. Arrivez avec l'Advanced, 50 plongées et quelques dérives dans le courant : les bateaux vérifient. Prévoyez des pesos pour le parc et une combinaison de 5 mm.
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