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Un hippocampe pygmée enroulé sur une branche de gorgone rose, le corps blanc couvert de tubercules rouge vif assortis aux polypes, sur fond d'eau vert émeraude.

L'hippocampe pygmée

Hippocampus bargibanti

Animal

L'hippocampe pygmée mesure 2,4 centimètres au plus et passe sa vie accroché à une gorgone, dont il copie la couleur au point de disparaître. On le trouve à Raja Ampat, à Lembeh ou à Bunaken, entre 16 et 40 mètres. Seul un guide qui connaît sa gorgone peut vous le montrer.

Où plonger pour voir l'hippocampe pygmée ?

Comment le reconnaître ?

L'hippocampe pygmée de Bargibant est l'un des plus petits hippocampes connus : 2,4 centimètres au plus, de la tête au bout de la queue, soit la taille d'un ongle. Le museau est court, les yeux proéminents, le corps garni d'excroissances bulbeuses qui reproduisent exactement les polypes de la gorgone sur laquelle il vit ; la queue, préhensile, reste enroulée autour d'une branche. Il existe deux livrées, qui suivent l'hôte : un fond gris-blanc à motifs et tubercules rouges sur les gorgones rouges, un fond blanchâtre à tubercules jaunes sur les gorgones jaunes. À l'oeil nu, il est impossible à distinguer de son support ; on le repère à la silhouette de la tête, de profil, et au léger mouvement qu'il fait pour se détourner de la lampe. D'autres hippocampes pygmées, Hippocampus denise ou Hippocampus pontohi, vivent dans les mêmes eaux : celui de Bargibant est le plus trapu et le seul à porter ces gros tubercules.

Comment vit-il ?

Il passe sa vie sur une seule gorgone, Muricella plectana ou Muricella paraplectana, entre 16 et 40 mètres de profondeur, dans les eaux tropicales du centre de l'Indo-Pacifique, de l'Indonésie et des Philippines au sud du Japon, à l'Australie et à la Nouvelle-Calédonie. Il s'y nourrit de petits crustacés, d'oeufs de poissons à la dérive et d'autres organismes du plancton qu'il aspire au passage. Comme chez tous les hippocampes, c'est le mâle qui porte les oeufs : la femelle les dépose dans sa poche ventrale, dont les parois irriguées de capillaires nourrissent les embryons comme un placenta, et les petits en sortent formés, autonomes dès la naissance. Plusieurs individus, souvent un couple ou un petit groupe, se partagent la même gorgone.

Où et quand le voir en Indonésie ?

Il est là toute l'année, et partout où poussent les gorgones Muricella au-delà de 16 mètres : à Raja Ampat, sur les gorgones de la pente de Cape Kri et du sommet de Blue Magic, sur les parois de Magic Mountain à Misool ; dans le nord de Sulawesi, sur les murs de Lekuan à Bunaken et sur les gorgones du détroit de Lembeh, à Nudi Retreat notamment ; à Bali, sur les gorgones de la coque de l'épave du Liberty, entre 12 et 25 mètres. On ne le trouve pas seul : les guides connaissent chaque gorgone habitée et pointent l'animal avec une baguette, à distance, pour que chacun le repère. Un masque avec correction ou une petite loupe aide, et l'on y passe le temps d'une photo ou deux avant de laisser la place.

Est-il menacé ?

L'hippocampe pygmée a été découvert par hasard : le plongeur Georges Bargibant, qui collectait des gorgones pour l'aquarium de Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, en trouve accrochés à une branche ; René Catala, le fondateur de l'aquarium, propose de lui dédier l'espèce, décrite en 1970. Depuis, on l'a trouvé dans tout le Triangle de corail, mais si discret que ses populations restent inconnues : l'UICN le classe en données insuffisantes, et la CITES l'inscrit, comme tous les hippocampes, à son annexe II, qui encadre le commerce. Sa seule vraie menace est la perte de ses gorgones, par l'ancre, la palme ou le chalut.

Notre conseil

Laissez le guide le trouver, puis approchez-vous lentement, une seule personne à la fois, sans jamais toucher la gorgone ni la faire bouger. Deux ou trois photos suffisent, le flash répété le stresse et il tourne le dos à l'objectif ; une lampe à faisceau réduit fait mieux. Soignez votre flottabilité, un coup de palme sur la gorgone détruit son seul abri.

Crédits des images

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