Les nudibranches sont des limaces de mer sans coquille, aux couleurs souvent éclatantes, qui portent leurs branchies à nu sur le dos. Plusieurs milliers d'espèces vivent dans toutes les mers, de 4 millimètres à 60 centimètres. Le détroit de Lembeh en montre des dizaines par plongée, et on les cherche toute l'année sur les épaves de la mer Rouge.
Où plonger pour voir les nudibranches ?

Blue Hole de Dahab
Mer Rouge, nord de l'ÉgyptePériode principale toute l'année : sur les parois de la vasque, pour la macro

Bunaken, tombants de Lekuan
Sulawesi : Bunaken et LembehPériode principale toute l'année : sur les éponges et les coraux bulles du mur

Détroit de Lembeh
Sulawesi : Bunaken et LembehPériode principale toute l'année : des dizaines d'espèces par plongée, la spécialité historique du détroit

Épave du Dunraven
Mer Rouge, nord de l'ÉgyptePériode principale toute l'année : sur les coraux mous qui couvrent la coque

Épave du Liban (Marseille)
Méditerranée : Côte d'Azur, Provence et CorsePrésence possible toute l'année : sur les tôles, à chercher à la lampe

Épave du Salem Express
Mer Rouge, centre de l'ÉgyptePériode principale toute l'année : sur les rambardes et les bossoirs, pour la macro

Épaves d'Abu Nuhas
Mer Rouge, centre de l'ÉgyptePériode principale toute l'année : sur les coraux mous qui tapissent les coques

Ilhéus da Madalena
Pico et FaialPériode principale de mai à juin : Tambja ceutae et Hypselodoris picta sur la côte de Pico, fin de printemps et début d'été

La Gabinière (Port-Cros)
Méditerranée : Côte d'Azur, Provence et CorsePrésence possible toute l'année : flabellines sur les gorgones et les éponges

Leven Bank
ZanzibarPériode principale toute l'année : sur le corail bas du plateau, pour ceux qui regardent le fond
Comment les reconnaître ?
Les nudibranches sont des mollusques gastéropodes, cousins des escargots, qui perdent leur coquille à la fin de leur vie de larve. Leur nom, du latin nudus et du grec bránkhia, veut dire branchies nues : ils respirent par des organes exposés à l'eau. Sur la tête, deux rhinophores, souvent en forme de massue, captent les substances chimiques de l'eau et guident l'animal vers sa nourriture et ses partenaires. Deux grandes silhouettes se reconnaissent sous l'eau. Les doris portent un panache de branchies plumeuses en rosette autour de l'anus, à l'arrière du dos ; les éolidiens n'ont pas de branchies mais des cérates, des papilles colorées qui couvrent le dos et leur servent à respirer, à digérer et à se défendre. Les tailles vont de 4 millimètres à 60 centimètres, et les robes, souvent éclatantes, changent d'une espèce à l'autre.
Les nudibranches en images
Comment vivent-ils ?
Les nudibranches vivent dans toutes les mers du globe, de l'Arctique à l'Antarctique, et à presque toutes les profondeurs, de la zone de balancement des marées à plus de 700 mètres ; ils sont les plus variés sous les tropiques, autour des récifs coralliens. Tous sont carnivores, et beaucoup très spécialisés : éponges, hydraires, bryozoaires, anémones, ascidies, balanes, et parfois d'autres nudibranches ou leurs œufs. Ils tirent de leurs proies de quoi se défendre : certains gardent les toxines des éponges qu'ils broutent, d'autres stockent dans leurs cérates les cellules urticantes des hydraires qu'ils mangent, et quelques-uns sécrètent de l'acide quand on les dérange. Hermaphrodites, ils s'accouplent deux à deux en se fécondant l'un l'autre, et pondent leurs œufs en rubans spiralés et gélatineux. Ils vivent de quelques semaines à un an.
Où et quand les voir ?
Vous en trouverez presque partout, mais pas en même quantité. Le détroit de Lembeh, en Indonésie, en montre des dizaines d'espèces par plongée, toute l'année, et c'est là qu'on va pour eux. À Bunaken et à Crystal Bay, cherchez-les sur les éponges et sur le sable, pendant le palier. En mer Rouge, ils vivent sur les coraux mous des épaves, le Dunraven, Abu Nuhas, le Salem Express, et sur les parois du Blue Hole de Dahab. En Tanzanie, regardez le corail bas de Leven Bank et le mur de Misali Island. En Méditerranée, il vous faut une lampe : les tôles de l'épave du Liban et les gorgones de la Gabinière, où vivent les flabellines. Aux Açores, autour des îlots de Madalena, Tambja ceutae et Hypselodoris picta sortent en mai et en juin. Nos fiches en signalent aussi sur le Thistlegorm, sur le Liberty, à Pescador Island et à Monad Shoal.
Des couleurs qui parlent
Les couleurs vives des nudibranches passent pour un avertissement adressé aux prédateurs, puisque beaucoup sont toxiques ou armés de cellules urticantes volées, mais ce rôle reste discuté : d'autres espèces jouent au contraire le camouflage et imitent les invertébrés fixés sur lesquels elles vivent. Pour le plongeur, ces robes font tout le charme de la macro : chaque espèce a la sienne, et beaucoup lui doivent un surnom, clown ou dragon. On les regarde sans les toucher et sans les déplacer pour la photo : ce sont des animaux mous et fragiles, qui ne quittent guère l'éponge ou le corail dont ils se nourrissent.
Notre conseil
Ralentissez et regardez de près : sur une éponge, un corail mou ou une tôle, un nudibranche de quelques centimètres avance à peine. Stabilisez-vous au-dessus du fond, sans y poser la main ni la palme, et cadrez-le de face pour montrer ses rhinophores. Une lampe, même de jour, lui rend ses couleurs.



