Un cargo britannique coulé en octobre 1941 avec ses camions, ses motos et ses locomotives, posé presque droit par 30 mètres de fond au nord de la mer Rouge. L'une des épaves les plus célèbres du monde, et elle se plonge à la journée depuis Sharm el-Sheikh.
Le spot sur la carte
Base : Sharm el-Sheikh, à 42 km à vol d'oiseau.
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La biodiversité observable
En quatre-vingts ans, le cargo est devenu un récif artificiel de 126 mètres. Autour de la structure tournent les bancs de barracudas, de platax et d'anthias ; sur les tôles et dans les cales se tiennent murènes, poissons-lions, poissons-pierres, poissons-crocodiles et rascasses ; les poissons de verre remplissent les coursives. Sur chaque caisse de la cargaison, nudibranches, crabes et crevettes attendent les photographes en macro. Dans le bleu passent des thons, et des tortues broutent sur le pont.
| Espèce | J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D | Note |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Le grand barracuda | possible | possible | possible | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | possible | en banc au-dessus de la passerelle, plus dense d'avril à novembre |
| Le platax orbiculaire | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | résidents, le long du pont et autour de la poupe |
| La tortue verte | possible | possible | possible | possible | possible | possible | possible | possible | possible | possible | possible | possible | de passage, elle broute sur le pont |
| Le poisson-lion | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | à l'ombre des cales et des coursives |
| La murène javanaise | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | dans les tôles et entre les caisses de la cargaison |
| Poissons de verre | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | période principale | ils remplissent les coursives et la cale 2 |
| Thons et carangues | possible | possible | possible | possible | possible | possible | possible | possible | période principale | période principale | période principale | possible | dans le bleu, au large de la poupe, surtout de septembre à novembre |
période principalepossiblerare
Les saisons
idéalbondéconseillé
La meilleure période va d'avril à novembre. Température de l'eau : 22 °C en février, 29 °C en août.
L'épave se plonge toute l'année, mais la sortie à la journée dépend de l'état de la mer : d'avril à novembre, la traversée depuis Sharm el-Sheikh se fait dans des conditions calmes ; de décembre à février, la houle annule régulièrement les départs, et la croisière devient la façon la plus sûre d'y aller. L'eau descend à 22 °C en février et monte à 29 °C en août. La visibilité, elle, change peu avec les saisons : 15 à 25 mètres toute l'année.
Les conditions de plongée
- Profondeur18 à 32 m
- NiveauAdvanced (niveau 2)
- CourantFort
- Visibilité15 à 25 m
- Eau22 °C en février, 29 °C en août
Le pont principal est à 18 mètres et le sable à 32 : les deux plongées se passent entre 18 et 30 mètres, le plus souvent au Nitrox pour gagner du temps au fond. Le courant est le vrai sujet : il dépasse parfois deux nœuds et tourne entre les deux plongées, d'où la descente et la remontée le long de l'amarre. Dans les cales, le sédiment soulevé par les palmes réduit vite la visibilité. Les centres exigent l'Advanced Open Water et vingt plongées ; l'entrée dans les cales demande une formation épave, une lampe et une lampe de secours.
Comment y aller
En bateau.
Deux portes d'entrée. Depuis Sharm el-Sheikh, à cinq heures de vol de Paris, la sortie à la journée : prise en charge à l'hôtel vers 3 heures du matin, trois heures de navigation, deux plongées, retour en fin d'après-midi, deux à trois fois par semaine. Elle se paie en supplément de deux plongées du forfait : 140 EUR chez Emperor Divers, Nitrox 12 litres compris, 145 EUR chez Circle Divers, 175 EUR chez Reef Oasis. Depuis Hurghada, la croisière plongée "nord", de trois jours à une semaine, enchaîne Abu Nuhas, le Rosalie Moller et Ras Mohammed, avec trois ou quatre plongées sur l'épave, à l'aube et au crépuscule, loin des bateaux de la journée.
Dans les deux cas, le visa complet à 25 dollars est obligatoire : le tampon "Sinaï seulement", gratuit à l'aéroport de Sharm, ne couvre pas cette sortie. Il se prend à l'arrivée ou en ligne sur le portail officiel visa2egypt.gov.eg.
Dormir à Sharm el-Sheikh
Où dormir près de l'épave du Thistlegorm
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Une nuit d'octobre 1941
Le Thistlegorm est un cargo britannique de 126 mètres, lancé à Sunderland en avril 1940 pour l'Albyn Line. À son quatrième voyage, parti de Glasgow le 2 juin 1941 avec du matériel pour les forces britanniques en Égypte, il contourne l'Afrique par Le Cap puis attend, au mouillage dit "Safe Anchorage F" près de Sha'ab Ali, son tour pour franchir le canal de Suez, bloqué par une collision.
Dans la nuit du 6 octobre 1941, à 1 h 30, deux bombardiers Heinkel He 111 partis de Crète le repèrent. Deux bombes tombent sur la cale 4, les munitions explosent, le navire se brise et coule. Neuf hommes meurent, quatre marins et cinq artilleurs ; les survivants sont recueillis par le croiseur HMS Carlisle, mouillé à côté.
Jacques-Yves Cousteau retrouve l'épave au début des années 1950 grâce aux pêcheurs locaux. Il en remonte la cloche, le coffre du commandant et une moto, la montre dans le National Geographic de février 1956 et la filme pour Le Monde du silence. Le site retombe ensuite dans l'oubli jusqu'au début des années 1990, quand Sharm el-Sheikh devient une station de plongée.
Ce qu'on voit sous l'eau
L'épave repose presque droite sur le sable, par 30 à 32 mètres, le pont principal vers 18 mètres. L'avant est intact : les cales 1 et 2 abritent les motos BSA et Norton rangées en files, les camions Bedford, les caisses de fusils, les bottes en caoutchouc, des ailes et des moteurs d'avion. Chenillettes et wagons sont encore reconnaissables.
À l'arrière, l'explosion a éventré le navire : la poupe gît brisée, déjetée par rapport à la coque, avec son canon encore pointé vers le haut. Les deux locomotives à vapeur, transportées sur le pont, ont été projetées de part et d'autre de l'épave et se visitent sur le sable. L'hélice, elle, est restée à sa place.
Autour de la structure tournent des bancs de barracudas, de platax et d'anthias ; thons, murènes, poissons-lions, poissons-pierres, poissons-crocodiles et tortues fréquentent aussi l'épave.
Deux plongées, deux visages de l'épave
La première plongée fait le tour extérieur, entre 18 et 30 mètres : la passerelle, les canons, les locomotives sur le sable, l'hélice. La seconde entre dans les cales, entre 25 et 30 mètres, pour les plongeurs formés à l'épave et accompagnés d'un guide : c'est là que sont les motos, les camions et les caisses de fusils. Les photographes y reviennent trois ou quatre fois en croisière, pour la lumière du matin sur le pont et la cale 2 sans personne.
Une tombe de guerre à ménager
Neuf hommes sont morts ici. L'épave est protégée par la loi égyptienne sur les antiquités : on ne remonte rien, pas même une douille. Les bateaux s'amarrent directement sur la structure, faute de corps-morts durables : les trente-deux bouées posées fin 2007 avaient disparu deux ans plus tard. Chaque coup de palme dans une cale, chaque appui sur une tôle use un navire qui rouille depuis plus de quatre-vingts ans.
The Thistlegorm Project, mené par l'université de Nottingham avec les universités d'Ain Shams et d'Alexandrie, a produit en 2017 le premier relevé photogrammétrique complet de l'épave : c'est la référence pour mesurer ce qu'elle perd chaque année.
Notre conseil
Réservez la sortie en début de séjour : elle part vers 3 heures du matin et se décale quand la mer est formée. Prenez le visa complet à l'aéroport, le tampon Sinaï gratuit ne couvre pas ce trajet. Plongez au Nitrox, avec une lampe pour la cale 2.















