Les poissons de verre sont les petits poissons cuivrés et dorés qui remplissent en nuages les cales et les coursives des épaves de la mer Rouge, du Thistlegorm au Giannis D. Ils passent le jour serrés à l'abri et ne sortent que la nuit pour manger le plancton ; mérous, poissons-lions et carangues viennent chasser dans leurs bancs.
Où plonger pour voir les poissons de verre ?

Épave du Dunraven
Mer Rouge, nord de l'ÉgyptePériode principale toute l'année : un nuage qui remplit la coque, autour des chaudières

Épave du Salem Express
Mer Rouge, centre de l'ÉgyptePériode principale toute l'année : en nuage sous les ponts et dans les coursives ouvertes

Épave du Thistlegorm
Mer Rouge, nord de l'ÉgyptePériode principale toute l'année : ils remplissent les coursives et la cale 2

Épaves d'Abu Nuhas
Mer Rouge, centre de l'ÉgyptePériode principale toute l'année : la salle des machines du Giannis D en est pleine

Fish Head (Mushimasmingili Thila)
Atolls d'Ari et de RasdhooPériode principale toute l'année : par nuages dans les cavités, avec comatules et corail noir

Îles Giftun
Mer Rouge, centre de l'ÉgyptePériode principale toute l'année : la cheminée d'Erg Somaya en déborde

St John's et Fury Shoals
Mer Rouge, sud de l'ÉgyptePériode principale toute l'année : dans les grottes de Sha'ab Claudio et de St John's Caves
Comment les reconnaître ?
Les poissons de verre de nos fiches appartiennent à la famille des Pempheridae, les sweepers des anglophones, qui compte deux genres. Leur corps est comprimé et profond, en forme de hachette, avec de grands yeux, une dorsale courte et une longue nageoire anale ; ils mesurent de 5 à 30 centimètres suivant l'espèce. Les plus petits, les Parapriacanthus, ne dépassent pas 10 à 12 centimètres. Leur corps est translucide chez les jeunes, d'où ce nom de poisson de verre ; l'adulte du Pacifique ouest, Parapriacanthus ransonneti, devient cuivré, la tête jaune vert presque lumineuse. En mer Rouge, le petit poisson de verre des épaves est Parapriacanthus guentheri, une espèce propre à cette mer, longtemps confondue avec ce cousin du Pacifique. Les pempheris, l'autre genre, sont plus grands, avec des couleurs discrètes.
Les poissons de verre en images
Comment vivent-ils ?
Les poissons de verre peuplent les eaux peu profondes des récifs et des côtes rocheuses de l'Indo-Pacifique et de l'Atlantique ouest. Ce sont des poissons de nuit. Le jour, ils se serrent en bancs denses à l'abri, dans les grottes, sous les surplombs, sous les tables de corail ou dans les épaves ; la nuit venue, ils se dispersent au-dessus du fond pour manger le zooplancton, surtout des larves de crustacés et de petits vers. Leurs bancs nourrissent les chasseurs du récif : en mer Rouge, les petits mérous du genre Cephalopholis les chassent, et nos fiches de spots voient les poissons-lions et les carangues fondre dans leurs nuages.
Où et quand les voir ?
Les poissons de verre se voient toute l'année, et c'est en mer Rouge qu'ils sont les plus spectaculaires. Ils remplissent les coursives et la cale 2 du Thistlegorm ; dans la coque du Dunraven, autour des chaudières, ils forment un nuage qui s'ouvre et se referme au passage des plongeurs ; au Salem Express, leurs nuages occupent le dessous des ponts et les coursives ouvertes, que traversent les poissons-lions ; à Abu Nuhas, ils emplissent avec les pempheris la salle des machines du Giannis D. Hors des épaves, la cheminée d'Erg Somaya, aux îles Giftun, en déborde, les grottes de Sha'ab Claudio et de St John's Caves en sont pleines, et le Canyon, la faille du bord voisine du Blue Hole de Dahab, aussi. Aux Maldives, ceux de Fish Head se déplacent par nuages dans les cavités, entre les comatules et le corail noir, à l'approche des carangues.
Une lumière volée
Les Parapriacanthus sont bioluminescents. Des organes lumineux placés sous le ventre éclairent leur silhouette par en dessous et l'effacent aux yeux des prédateurs qui les regardent depuis le fond. Leur particularité tient à l'origine de cette lumière : l'enzyme qui la produit, la luciférase, ne vient pas d'eux mais de leur nourriture, de minuscules crustacés lumineux, les ostracodes, qu'ils mangent et dont ils gardent la protéine. On parle de kleptoprotéine, une protéine volée.
Notre conseil
Entrez dans l'épave ou la grotte lentement et sans palmer fort : le sédiment soulevé brouille l'eau pour toute la palanquée. Une lampe posée sur le banc fait briller les corps cuivrés, et un grand angle rend la masse du nuage. Regardez au bord du banc, là où chassent les mérous, les poissons-lions et les carangues.



