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Une raie mobula vue par-dessous et de côté, ventre blanc, ailes en faucille vert olive, deux rémoras accrochés sous elle, dans une eau bleue limpide

La raie mobula

Mobula tarapacana

Animal

La raie mobula des Açores, ou diable de mer chilien, mesure 2 à 3 mètres d'envergure et a des ailes en faucille. Elle plonge à près de 2 000 mètres et remonte l'été tourner par dizaines au-dessus des monts sous-marins. L'espèce est en danger critique : on la laisse venir, sans l'approcher à moins de trois mètres.

Où plonger pour voir la raie mobula ?

Comment la reconnaître ?

La raie mobula des Açores est Mobula tarapacana, le diable de mer chilien, aussi appelé mobula à nageoires en faucille. Le disque mesure 2 à 2,50 mètres d'envergure chez les mâles adultes, 2,70 à 2,80 mètres chez les femelles, jusqu'à 3,70 mètres pour les plus grandes, et le poids atteint 350 kilos. Le dos est vert olive à brun, le ventre blanc à gris pâle ; les pointes des ailes sont nettement recourbées vers l'arrière, en faucille, et la nageoire dorsale est unie, sans pointe blanche. La queue est courte et rigide, plus courte que la largeur du disque. Deux nageoires céphaliques enroulées encadrent une bouche terminale. On la distingue de la raie manta océanique, bien plus grande, à sa taille et à ses ailes en faux, et de Mobula mobular à l'absence de bande sombre sur la tête et de longue queue à épine.

Comment vit-elle ?

C'est une raie du large, pélagique et parfois côtière, des eaux tropicales, subtropicales et tempérées des trois océans. Elle filtre le plancton, les petits crustacés et les petits poissons à travers ses lames branchiales. Elle est l'un des plongeurs les plus profonds de l'océan : des balises ont enregistré des descentes à 1 896 mètres, en paliers successifs d'une heure à une heure et demie, et des plongées jusqu'à 1 000 mètres de onze heures ; un réseau de vaisseaux, les retia mirabilia, réchauffe son cerveau dans l'eau froide, et elle passe au moins une heure près de la surface avant et après chaque descente. La reproduction est lente : un seul petit par portée, né avec un disque de 1,05 à 1,40 mètre, et une génération de près de treize ans.

Où et quand la voir aux Açores ?

Solitaire le reste de l'année, elle se rassemble l'été sur les monts sous-marins de l'archipel pour se nourrir, se nettoyer et se courtiser : au banc Princesse Alice, à 45 milles de Faial, et à Ambrósio, au nord de Santa Maria, de fin juin à la mi-octobre, avec un pic en août et septembre. Les groupes vont de trois à cinquante individus et plus ; à Ambrósio, douze à dix-sept raies sont la norme et quarante à cinquante arrivent régulièrement, montant en spirale le long du bout de la bouée toutes les quinze à vingt minutes. Elle passe aussi au-dessus du Dollabarat et des hauts-fonds du canal Faial-Pico. On la voit en plongée comme en palmes-masque-tuba, puisqu'elle monte jusqu'à la surface.

Est-elle menacée ?

Pêchée pour ses lames branchiales, vendues en Asie pour la pharmacopée, et victime des filets et des palangres, Mobula tarapacana a perdu 50 à 79 % de ses effectifs en trois générations : l'UICN la classe aujourd'hui en danger critique d'extinction, après l'avoir classée en danger en 2019. Elle est inscrite à l'annexe II de la CITES depuis 2016 et à la Convention sur les espèces migratrices depuis 2014. Aux Açores, le projet Manta Catalog Azores identifie chaque individu par les taches de son ventre, à partir des photos des plongeurs, pour comprendre où, quand et pourquoi les raies se rassemblent sur les monts sous-marins.

Notre conseil

Entrez dans l'eau sans bruit, à dix mètres des raies, et restez immobile sur le bout : elles décrivent des cercles et finissent par passer à un mètre. Ne nagez jamais vers elles, ne vous approchez pas à moins de trois mètres et ne les touchez pas, c'est le code de conduite des Açores. Photographiez le ventre, les taches servent à les identifier : le projet Manta Catalog Azores prend vos clichés.

Crédits des images

Photos sous licence libre, créditées à leur auteur ; le lien mène à la source.