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Une manta océanique vue de dessous et de côté dans le bleu, le ventre blanc, les nageoires céphaliques déroulées, un rémora au-dessus de la tête et un petit poisson sombre sous la queue

La raie manta océanique

Mobula birostris

Animal

La raie manta océanique, la plus grande raie du monde, mesure 4 à 5 mètres d'envergure, jusqu'à 7 mètres, et vit au large. À El Boiler, aux îles Revillagigedo, une population résidente vient au contact des plongeurs pendant des dizaines de minutes. L'espèce, en danger, n'a pas de dard : on la laisse venir.

Où plonger pour voir la raie manta océanique ?

Comment la reconnaître ?

La manta océanique est la plus grande raie du monde : 4,50 mètres d'envergure en moyenne, 4 à 5 mètres pour la plupart des adultes, jusqu'à 7 mètres et près de trois tonnes pour les plus grandes. Le disque est aplati, prolongé par deux grandes nageoires pectorales triangulaires ; à l'avant, deux nageoires céphaliques, enroulées en spirale quand elle nage, se déploient pour canaliser l'eau vers la large bouche rectangulaire. La queue est longue, sans dard, avec un simple renflement à sa base. Le dos est noir, brun sombre ou bleu acier, souvent bordé de clair ; le ventre est blanc, marqué de taches sombres propres à chaque individu. Pour la distinguer de la manta de récif, plus petite, on regarde le ventre : chez l'océanique, les taches se concentrent sur le bas de l'abdomen, et les nageoires céphaliques, l'intérieur de la bouche et les fentes branchiales sont souvent noirs. Certains individus, dits mélaniques, sont entièrement noirs, dessus et dessous.

Comment vit-elle ?

C'est une espèce du large, qui passe l'essentiel de sa vie loin des côtes, suit les courants et migre vers les zones de remontée d'eau riche en zooplancton ; elle s'associe souvent aux îles océaniques, et c'est là qu'on la rencontre. Elle se nourrit en nageant lentement autour de ses proies, bouche ouverte, et prend aussi de petits poissons. Elle a le plus gros cerveau de tous les poissons, jusqu'à 200 grammes, et pourrait reconnaître son reflet dans un miroir. Les mâles sont matures vers 4 mètres d'envergure, les femelles vers 5 ; après 12 à 13 mois de gestation, la femelle met bas un seul petit, rarement deux, de 1,40 mètre d'envergure. Elle voyage seule ou en groupes jusqu'à une cinquantaine d'individus.

Où et quand la voir au Mexique ?

Les îles Revillagigedo, à 24 à 36 heures de bateau de Cabo San Lucas, abritent une population résidente suivie depuis des décennies, dont beaucoup d'individus sont nommés. À El Boiler, le pinacle de San Benedicto, les mantas viennent à la station de nettoyage, entre 25 et 30 mètres, où les poissons-papillons et les labres les débarrassent de leurs parasites, puis elles planent au-dessus des plongeurs, reviennent, passent dans leurs bulles : des rencontres de vingt à trente minutes, uniques au monde. On les voit aussi à Cabo Pearce et The Canyon. La saison des croisières va de novembre à mai, avec les meilleures rencontres de novembre à janvier et d'avril à mai, dans une eau à 23 à 26 °C.

Est-elle menacée ?

La manta océanique est classée en danger par l'UICN : ses populations ont chuté en vingt ans sous la pression de la pêche, ciblée ou accidentelle, dans les filets dérivants et les filets de fond, alors qu'elle se nourrit souvent près de la surface. Une maturité tardive, une gestation longue et un petit à la fois rendent tout prélèvement durable. Elle ingère aussi des microplastiques avec son plancton. Au Mexique, l'archipel de Revillagigedo est sans pêche depuis 2017, et le parc y encadre la plongée pour que ces rencontres restent celles d'animaux sauvages.

Notre conseil

Ne la poursuivez pas, elle est bien plus rapide que vous : restez à l'écart du groupe, immobile, à mi-profondeur, et laissez-la venir. Gardez vos bulles pour elle, à El Boiler elles reviennent s'y faire masser. Ne la touchez jamais, le mucus qui couvre sa peau la protège.

Crédits des images

Photos sous licence libre, créditées à leur auteur ; le lien mène à la source.