Trapu, le museau court, le requin-bouledogue atteint 3,40 mètres, et il est le seul de sa taille à vivre aussi bien en eau douce qu'en mer. Au Mexique, des femelles gestantes se rassemblent chaque hiver sur le sable de Playa del Carmen. L'espèce est vulnérable ; on l'observe immobile, sans aller vers elle.
Où plonger pour voir le requin-bouledogue ?

Cabo Pulmo
Mer de Cortez : La Paz et Cabo PulmoPériode principale d'août à décembre : sur l'épave El Vencedor, par 15 mètres ; les centres les annoncent presque toute l'année, les observations sont les plus régulières de la fin de l'été à décembre

Chumphon Pinnacle
Golfe de Thaïlande : Koh TaoPrésence possible toute l'année : régulier il y a quinze ans, revu de loin en loin en profondeur

Isla del Caño
Pacifique sud : Osa et l'île du CañoPrésence possible toute l'année : occasionnel au Faro et à Bajo del Diablo

Islas Catalinas
Guanacaste et Pacifique nordPrésence possible toute l'année : occasionnel, en pleine eau

Islas Murciélago (Bat Islands)
Guanacaste et Pacifique nordPériode principale de juin à octobre : sur la station de nettoyage de Big Scare, vers 30 mètres, sans appât ; présents toute l'année, sorties de mi-mai à début novembre

Requins-bouledogues de Playa del Carmen
Yucatán et Caraïbes : Cozumel, cénotes, Playa del CarmenPériode principale de novembre à mars : femelles, souvent gestantes, de novembre à mars, pic de décembre à février
Comment le reconnaître ?
Le requin-bouledogue, ou requin du Zambèze, tient son nom de son allure massive, lourde et vigoureuse, et de son museau court et aplati. Le dos est gris ou brun olive, l'extrémité des nageoires un peu plus sombre, le ventre blanchâtre ; les yeux sont petits, la première dorsale haute et large. Les adultes mesurent le plus souvent de 2 à 2,50 mètres ; la taille maximale est de 3,40 mètres pour 220 kilos, et des individus de 4 mètres ont été rapportés. Les dents supérieures sont larges, triangulaires et dentelées, les inférieures étroites et pointues, et la mâchoire exerce une force d'environ 6 000 newtons, l'une des morsures les plus puissantes mesurées chez les requins. À Playa del Carmen, les femelles portent souvent des cicatrices d'accouplement sur les flancs, et c'est à ces marques que les guides les reconnaissent d'une année sur l'autre.
Le requin-bouledogue en images
Comment vit-il ?
C'est un requin côtier des mers tropicales et subtropicales, de l'Atlantique à l'Indo-Pacifique, rare en mer Rouge ; dans le Pacifique, on le trouve de la Basse-Californie à l'Équateur. Il préfère les eaux peu profondes, en général moins de 30 mètres, les estuaires, les lagunes et les embouchures troubles, et il est euryhalin dès la naissance : il remonte le Mississippi sur près de 3 000 kilomètres, l'Amazone jusqu'au Pérou, le Zambèze sur plus de 1 000 kilomètres, et une population vit dans le lac Nicaragua. Il est vivipare : après dix à onze mois de gestation, la femelle met bas de un à treize petits de 56 à 81 centimètres, dans les lagunes et les embouchures qui servent de nurseries. Dans le golfe du Mexique, l'accouplement a lieu en été et les naissances d'avril à juin. Les femelles sont matures vers 1,80 à 2,30 mètres, les mâles vers 1,60 à 2,25 mètres ; l'espèce vit plus de 25 ans.
Où et quand le voir au Mexique ?
Le rendez-vous le plus sûr est Playa del Carmen, sur la côte caraïbe : de novembre à mars, avec un pic de décembre à février, des femelles de 2 à 3 mètres, dont une partie porte des petits, reviennent sur le sable au large de la plage, par 18 à 25 mètres. Les centres y organisent des plongées statiques, avec ou sans appât, où l'on reste à genoux sur le fond pendant trois quarts d'heure pendant que les requins tournent. Les mêmes individus reviennent d'une année sur l'autre et un programme scientifique les suit. En mer de Cortez, des requins-bouledogues fréquentent l'épave El Vencedor, un thonier coulé par 15 mètres dans le parc de Cabo Pulmo, et les centres du village les annoncent une bonne partie de l'année. Ailleurs, il se rencontre au hasard des récifs côtiers et des embouchures.
Est-il dangereux ?
Avec le grand blanc et le requin-tigre, le requin-bouledogue est l'une des trois espèces le plus souvent impliquées dans des accidents avec des baigneurs, en eau trouble et peu profonde, là où il chasse. En plongée, dans une eau claire, face à un plongeur immobile, la rencontre est calme ; c'est la conduite qui fait le risque, d'où les règles strictes des centres. L'espèce, pêchée pour sa chair, son cuir et son foie, et prise dans les filets côtiers, a perdu entre le tiers et la moitié de ses effectifs en trois générations : l'UICN la classe vulnérable depuis 2021. Les nurseries côtières, dans des estuaires proches des villes, sont les plus exposées.
Notre conseil
Restez à votre place sur le sable, les mains contre le corps, et laissez les femelles tourner : elles s'approchent et s'éloignent d'elles-mêmes. Ne nagez jamais vers un requin, ni vers la caisse d'appât quand il y en a une. Choisissez la version sans nourrissage si vous préférez des animaux qui passent de loin, sans excitation.



