Le poisson-lune est le poisson osseux le plus lourd du monde : son corps en disque peut dépasser trois mètres et deux tonnes. À Bali, de juillet à octobre, les remontées d'eau froide amènent le mola à bosse sur les stations de nettoyage de Nusa Penida. Crystal Bay est le site le plus régulier pour le voir.
Où plonger pour voir le poisson-lune ?

Ambrósio
Santa MariaPrésence possible toute l'année : en pleine eau ou près du fond, de passage

Baixa do Sul
Pico et FaialPrésence possible toute l'année : de passage au-dessus des plateformes

Crystal Bay
Bali et Nusa PenidaPériode principale de juillet à octobre : sur les stations de nettoyage du mur, entre 18 et 30 mètres, quand l'eau froide remonte ; au mieux en août et septembre
Comment le reconnaître ?
Le poisson-lune se reconnaît du premier coup d'oeil : un corps plat et presque rond, comprimé sur les côtés, sans nageoire caudale ; à l'arrière, un clavus, une bande de nageoire arrondie qui sert de gouvernail ; en haut et en bas, une dorsale et une anale hautes et triangulaires qu'il bat de concert pour avancer. La bouche est petite, les dents soudées en un bec de perroquet, les pectorales minuscules et rondes. La peau, épaisse et rugueuse, est brune ou grise à taches claires, posée sur une couche de gélatine blanche de plusieurs centimètres. Le mola de Bali est Mola alexandrini, le mola à bosse, longtemps appelé Mola ramsayi : une bosse sur le front, une autre sous le menton, des écailles rectangulaires et un clavus au bord arrondi le distinguent de Mola mola, le poisson-lune commun des mers tempérées. C'est le plus lourd des poissons osseux : jusqu'à 3,3 mètres et 2 700 kilos, et un record de 2 744 kilos pour 3,25 mètres, pesé sur un animal échoué à Faial, aux Açores, en 2021.
Comment vit-il ?
Mola alexandrini vit dans toutes les mers tropicales et tempérées hors des pôles, et surtout dans l'hémisphère sud, au large, entre la surface et les grandes profondeurs. Il préfère l'eau fraîche, entre 17 et 25 °C, et descend chasser en profondeur avant de remonter se réchauffer ; on le voit alors couché sur le flanc en surface, où les oiseaux le débarrassent de ses parasites. Sous l'eau, il fait la même chose aux stations de nettoyage des récifs, où les poissons-cochers et les labres lui retirent les crustacés qui couvrent sa peau. Il suit les saisons et les fronts d'eau froide, remontant vers le nord en été au Japon, et c'est ce même mouvement qui l'amène près de Bali pendant l'hiver austral. Il nage lentement mais sans effort, et disparaît vers le fond en quelques coups de nageoires dès qu'il se sent pressé.
Où et quand le voir à Bali ?
De juillet à octobre, les remontées d'eau froide qui baignent Nusa Penida font tomber la température de 28 à 18 ou 20 °C, et les molas montent se faire nettoyer sur les stations des récifs de l'île, entre 18 et 30 mètres. Crystal Bay, sur la côte ouest, est le site le plus régulier, avec un pic en août et en septembre ; Blue Corner, la côte nord de Penida, Toyapakeh ou Pura Ped en donnent aussi, et Manta Point en voit passer à l'occasion. Les centres de Nusa Penida et de Lembongan, qui y plongent chaque jour, savent où ils sont. La rencontre dure quelques minutes, parfois un quart d'heure si la palanquée reste bas et immobile ; elle n'a rien de garanti, et deux ou trois matinées sur place valent mieux qu'une sortie depuis Bali. L'eau froide, les thermoclines et les courants descendants du site font de cette plongée une plongée Advanced.
Quelles règles respecter ?
Mola alexandrini n'a pas encore de statut UICN propre ; son cousin Mola mola est classé vulnérable à cause des prises accessoires des palangres, et les deux espèces figurent parmi les captures à haut risque des pêcheries de l'est de l'Australie. Le ministère indonésien de la mer a inscrit le poisson-lune à un plan de protection, et l'aire marine protégée de Nusa Penida applique depuis 2016 un code de conduite renforcé, que les centres font signer : approche lente, une minute d'attente quand il arrive à la station, 3 mètres de distance en nettoyage, 10 mètres s'il nage, jamais au-dessus, pas de flash, pas de contact, et des bateaux qui restent à 10 mètres des bouées de palier. Un mola dérangé repart vers le fond, et les plongeurs suivants ne le verront pas.
Notre conseil
Attendez qu'il soit posé à la station depuis une minute avant d'approcher, lentement, dans son champ de vision, et restez à 3 mètres, 10 s'il nage. Ne passez jamais au-dessus de lui ni entre lui et le fond : c'est sa route de fuite, et il ne reviendra pas. Flash éteint, mains dans les poches, et une combinaison de 5 millimètres, l'attente se fait dans une eau à 18 °C.
