Le requin-chabot marcheur, petit et tacheté, ne vit qu'à Raja Ampat et marche sur le fond avec ses nageoires. On le cherche toute l'année à Cape Kri, de nuit sur le haut du récif, et à Magic Mountain, au sud de Misool. Inoffensif et quasi menacé, il se regarde sans le toucher.
Où plonger pour voir le requin-chabot marcheur ?
Comment le reconnaître ?
Le requin-chabot marcheur, aussi appelé requin-épaulette de Raja Ampat ou requin-chabot grivelé, est un petit requin au corps fin et allongé, prolongé par une longue queue droite. Il ne dépasse guère 75 centimètres, la taille du plus grand individu mesuré à Raja Ampat, et l'adulte commence vers 56 centimètres. Le corps est beige rosé à crème, semé de petites taches brunes, rondes ou ovales, qui se resserrent par endroits en huit ou neuf barres plus sombres sur le corps et la queue. Derrière la tête, au-dessus de la nageoire pectorale, une grande tache noire ovale, bordée de blanc par en dessous, imite un œil : c'est l'épaulette qui donne son nom au groupe. Une tache plus petite, en forme de huit, la souligne, et deux grosses taches marquent la joue juste derrière l'œil. Les nageoires pectorales et pelviennes, larges et arrondies comme des palettes, lui servent de pattes.
Le requin-chabot marcheur en images
Comment vit-il ?
C'est un requin des petits fonds, qui vit sur les récifs coralliens, dans les herbiers et les mangroves, de la zone de balancement des marées jusqu'à une dizaine de mètres de profondeur. Nocturne, il passe la journée caché dans les failles du récif ou sous les coraux et sort à la nuit tombée pour chasser. Il se déplace alors en marchant sur le fond, en s'appuyant tour à tour sur ses nageoires pectorales et pelviennes, et fouille les coraux et les débris à la recherche de petits invertébrés : escargots, crabes et vers. Il est ovipare : la femelle pond ses œufs par paires, dans des capsules, et l'embryon se nourrit seulement de son vitellus.
Où et quand le voir ?
Le requin-chabot marcheur ne vit qu'à Raja Ampat, et deux de nos spots de l'archipel le comptent dans leur calendrier, possible toute l'année. À Cape Kri, la pointe est de l'île de Kri, dans le détroit de Dampier, on le cherche en plongée de nuit sur le haut du récif ; le récif maison du resort, plongé depuis le ponton de jour comme de nuit, a aussi les siens. À Magic Mountain, le mont sous-marin du sud de Misool, il se cache dans les recoins du sommet. Les deux sites ont leur meilleure saison d'octobre à avril, et Magic Mountain se plonge peu de juin à septembre.
Est-il menacé ?
Le requin-chabot marcheur a été décrit en 1824 par Quoy et Gaimard et nommé d'après le navigateur Louis de Freycinet, qui en avait rapporté le premier spécimen. Il a longtemps été confondu avec une espèce voisine de Papouasie-Nouvelle-Guinée, Hemiscyllium michaeli, décrite en 2010, aux taches plus grandes et à l'épaulette plus nette : bien des livres montrent l'une sous le nom de l'autre. Son aire minuscule le rend fragile face à l'aménagement des côtes, à une pêche ciblée et au réchauffement des eaux. L'UICN le classe quasi menacé dans son évaluation de 2020, et l'Indonésie a placé ses requins marcheurs sous protection totale en 2023.
Notre conseil
Cherchez-le en plongée de nuit, sur le haut du récif, en balayant lentement les coraux et les débris avec la lampe. Quand vous le trouvez, écartez le faisceau de ses yeux et suivez sa marche à distance, sans lui couper la route ni le coincer contre le corail. Ne l'approchez pas de trop près : à bonne distance, il continue de chasser sous vos yeux.



