Le requin bleu, ou peau bleue, vit au large ; fin comme une torpille, il a le dos bleu profond et de longues pectorales. De juillet à octobre, il tourne sous les bateaux du banc Condor, aux Açores, à moins d'un mètre des plongeurs. C'est le requin le plus pêché du monde, et l'UICN le classe quasi menacé.
Où plonger pour voir le requin bleu ?

Banc Condor
Pico et FaialPériode principale de juillet à septembre : 5 à 15 par plongée, à 5-10 m sous le bateau, de juillet à la mi-octobre

Banc Princesse Alice
Pico et FaialPrésence possible toute l'année : dans le bleu, autour du bout, de juillet à octobre
Comment le reconnaître ?
Le requin bleu, ou peau bleue, est un requin élancé, presque fuselé, dont la silhouette ne ressemble à aucune autre : un museau long et conique, de grands yeux ronds, et surtout des nageoires pectorales très longues, étroites et courbées en faux. Le dos est d'un bleu profond, presque indigo, les flancs plus clairs, le ventre blanc : vu de dessus, il disparaît dans le bleu, vu de dessous, dans la lumière. Les mâles mesurent 1,80 à 2,80 mètres à maturité, les femelles 2,20 à 3,30 mètres ; les plus grands individus atteignent 3,80 mètres. Il nage lentement, en longues courbes, et tourne autour de ce qui l'intrigue, un bateau, une caisse d'appât, un plongeur, en s'approchant un peu plus à chaque passage.
Le requin bleu en images
Comment vit-il ?
C'est le requin le plus répandu du monde : il vit dans toutes les mers tempérées et tropicales, entre 66° nord et 55° sud, en pleine eau, de la surface jusqu'à 350 mètres le plus souvent, et préfère les eaux de 12 à 20 °C. Il mange des calmars avant tout, puis des poissons, du hareng au thon, de petits requins, des crabes pélagiques, et à l'occasion la charogne d'un cétacé. Grand migrateur, il traverse les océans : un individu marqué en Californie a été repris au Japon. Les femelles mettent bas 4 à 135 petits après neuf à douze mois de gestation ; la maturité vient vers quatre à six ans, et il vit une vingtaine d'années.
Où et quand le voir aux Açores ?
Les Açores sont l'endroit d'Europe où l'on plonge avec lui. Au banc Condor, un mont sous-marin à 17 kilomètres de Faial, les centres de Horta et de Madalena le font venir avec une caisse d'appât fermée, sans le nourrir : les plongeurs s'alignent sur le bout du bateau, entre 5 et 10 mètres, et voient passer cinq à quinze requins bleus par session, presque tous des mâles, de juillet à la mi-octobre, avec un pic en août et septembre. Il est aussi présent dans le bleu du banc Princesse Alice, à la même saison. Le code de conduite régional des Açores fixe huit plongeurs et un guide au plus dans l'eau, dix mètres de profondeur maximum, et interdit le nourrissage et le contact.
Est-il menacé ?
Le requin bleu représente 85 à 90 % des requins et raies capturés accidentellement par les palangriers et les filets de la pêche hauturière, et il est aussi pêché pour sa chair et ses ailerons : environ 110 000 tonnes en 2019. L'UICN le classe quasi menacé à l'échelle mondiale et en danger critique en Méditerranée ; il est inscrit à l'annexe II de la CITES, qui encadre son commerce. En plongée, il n'a jamais blessé personne aux Açores : on le regarde venir, on ne le touche pas, et l'on sort de l'eau si un individu devient insistant.
Notre conseil
Restez à la verticale sur le bout, en binôme, entre 5 et 10 mètres, et ne nagez jamais vers lui : c'est lui qui vient, et il revient. Regardez derrière vous aussi souvent que devant, il aime arriver dans le dos. Pas de main tendue, pas de contact, et un grand-angle plutôt qu'un zoom : il passe à portée de dôme.



