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Devise

Une anguille-jardinière dressée hors de son terrier dans un sable clair semé de débris roses, le corps blanc couvert de petits points noirs, une grosse tache noire sous la tête et une autre près du sable, l'oeil cerclé de jaune

L'anguille-jardinière

Heteroconger hassi

Animal

L'anguille-jardinière est un petit congre blanc à points noirs qui vit dressé dans le sable, en colonies de plusieurs centaines, la bouche face au courant pour gober le plancton. Elle rentre dans son terrier dès qu'on approche. On la voit toute l'année à Kinasi Pass et à Rasdhoo Madivaru.

Où plonger pour voir l'anguille-jardinière ?

Comment la reconnaître ?

L'anguille-jardinière tachetée, ou hétérocongre tacheté, est une petite cousine du congre, dans la famille des congridés. Le corps est long, fin, de section ronde, 14 millimètres de diamètre en moyenne, pour une longueur qui atteint 40 centimètres ; mais on n'en voit jamais qu'un tiers, le reste restant dans le terrier. Le fond est blanc, couvert d'une multitude de petits points noirs, et trois grosses taches noires le ponctuent : la première marque l'ouverture des ouïes et les minuscules pectorales, la deuxième le milieu du corps, la troisième entoure l'anus. La tête est courte, avec une grande bouche tout près de grands yeux. Les jeunes sont entièrement noirs et très fins.

L'anguille-jardinière en images

Quatre anguilles-jardinières dressées hors d'un sable pâle baigné de bleu-vert, fines comme des tiges, une presque droite, une courbée en S et deux repliées en crochet au sommet
Gros plan sur la tête d'une anguille-jardinière qui sort d'un fond de gravier et de débris de corail, l'oeil cerclé de jaune, le corps crème couvert de points noirs serrés, une grosse tache noire au ras du terrier

Comment vit-elle ?

Elle vit dans l'Indo-Pacifique, des côtes d'Afrique de l'Est et de la mer Rouge jusqu'à la Polynésie, et du sud du Japon à la Nouvelle-Calédonie et au nord-ouest de l'Australie, dans des eaux de 25 à 29 degrés. Elle ne vit qu'en colonie, de quelques dizaines à plusieurs centaines d'individus, sur les pentes et les plages de sable exposées au courant, entre 15 et 45 mètres. Chacune creuse un terrier d'où elle sort environ un tiers de son corps, la bouche tournée vers le courant, pour gober le zooplancton qui dérive. À la saison de reproduction, les terriers se rapprochent jusqu'à ce que les partenaires puissent se toucher, et les mâles défendent leur femelle avec ardeur. Dès qu'un plongeur approche, elle se rétracte dans son terrier.

Où et quand la voir ?

Deux de nos sites ont leur colonie, visible toute l'année. À Kinasi Pass, sur Mafia Island en Tanzanie, elles sont par centaines dans le sable des Coral Patches, que les bateaux gardent pour la seconde plongée. À Rasdhoo Madivaru, aux Maldives, la colonie occupe les plages de sable du récif de Madivaru. Dans les deux cas, on les repère de loin, comme un champ d'herbes dressées qui se penchent toutes dans le même sens, celui du courant.

Une rencontre de patience

L'anguille-jardinière est inoffensive et classée en préoccupation mineure par l'UICN ; la seule difficulté est de la voir de près. Elle rentre dans le sable dès qu'elle perçoit un mouvement, et le plongeur qui arrive en palmant au-dessus de la colonie ne trouve plus que des trous. La bonne méthode est celle des photographes : approcher au ras du fond, face au courant, par étapes, et s'arrêter à quelques mètres sans bouger ; les têtes ressortent, une à une, et la colonie reprend son repas. On ne touche pas le sable, on ne souffle pas au-dessus d'elles, et on repart comme on est venu.

Notre conseil

Approchez la colonie à ras du sable, lentement, en finissant immobile à quelques mètres : les têtes ressortent une à une. Ne posez ni palmes ni mains dans la colonie et ne soufflez pas de bulles au-dessus d'elle. Un objectif long fait mieux qu'un mètre gagné.

Crédits des images

Photos sous licence libre, créditées à leur auteur ; le lien mène à la source.