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Plusieurs requins nourrices couchés sur le sable sous un surplomb rocheux, le premier montrant sa tête large et plate, son petit œil et ses deux longs barbillons, devant des poissons-soldats rouges

Le requin nourrice

Ginglymostoma cirratum

Animal

Le requin nourrice, brun uni, à barbillons, vit sur le fond dans les Caraïbes ; il dort le jour sous les surplombs et chasse la nuit dans les trous du récif. À Cozumel, on le trouve endormi dans les grottes de Palancar ou à Santa Rosa Wall. Placide tant qu'on le laisse tranquille, il est classé vulnérable.

Où plonger pour voir le requin nourrice ?

Comment le reconnaître ?

Le requin nourrice est un requin massif et lourd, au corps légèrement aplati, qui mesure couramment 2,30 à 2,40 mètres pour plus de 90 kilos ; le plus grand individu mesuré faisait 3,08 mètres et le plus lourd pesé près de 110 kilos, même si des longueurs de 4,30 mètres sont rapportées. La robe est unie, du beige au brun foncé, avec parfois de petites taches sombres ; les nouveau-nés sont tachetés de noir, et les taches s'effacent avec l'âge. La tête est large et plate, la bouche petite, placée bien en avant des yeux et encadrée de deux barbillons assez longs qui l'atteignent ; les yeux sont minuscules, avec un spiracle derrière chacun. Les deux dorsales sont arrondies, sans épine, la première nettement plus grande que la seconde ; les pectorales sont larges et arrondies, et la queue, longue, plus du quart de la longueur totale, n'a pas de lobe inférieur distinct. Son cousin de l'Indo-Pacifique, le requin-nourrice fauve, lui ressemble beaucoup, mais les deux ne se croisent pas : en mer Rouge ou aux Maldives, c'est le fauve qu'on voit ; dans les Caraïbes, c'est lui.

Le requin nourrice en images

Un requin nourrice couché sur le fond, la tête glissée sous un surplomb du récif : deux dorsales arrondies, la première plus grande, une large pectorale arrondie et une longue queue sans lobe inférieur
Un requin nourrice nage près de la surface sous la coque d'un bateau, parmi des carangues argentées : petit œil, barbillon pendant devant la bouche, large pectorale arrondie, peau beige-brun finement mouchetée

Comment vit-il ?

C'est le requin nourrice de l'Atlantique : de Rhode Island au sud du Brésil à l'ouest, Caraïbes, Floride et Keys comprises, où il est très commun en eau peu profonde, et du Cap-Vert au Gabon à l'est. Il vit sur le fond, près des côtes, sur les récifs coralliens et les substrats rocheux, de la surface à 130 mètres, mais surtout entre 1 et 35 mètres ; les jeunes grandissent sur les récifs peu profonds, les herbiers et les mangroves, entre 1 et 4 mètres, les adultes sur des récifs plus profonds. Il est nocturne : le jour, il repose sur le sable ou dans une grotte, souvent à plusieurs, parfois en groupes de quarante individus serrés les uns contre les autres, et il revient sans cesse aux mêmes caches. La nuit, il fouille le fond : son large pharynx aspire d'un coup poissons, raies, poulpes, calmars, coquillages, langoustes, crevettes, crabes et oursins. Il est ovovivipare : après cinq à six mois de gestation, la femelle met bas 20 à 30 petits de 27 à 30 centimètres, tous les deux ans. Les mâles sont matures vers 2,10 mètres et 10 à 15 ans, les femelles vers 2,30 mètres et 15 à 20 ans, et il vit au moins 25 ans.

Où et quand le voir ?

Sur nos spots, c'est à Cozumel qu'on le rencontre, toute l'année et sans saison marquée : endormi sous les surplombs de Caves et de Bricks, sur Palancar Reef, ou de temps en temps sur une vire de Santa Rosa Wall. On le cherche le jour, posé sur le fond à l'abri d'un surplomb, et on le laisse là.

Est-il menacé ?

Le requin nourrice est classé vulnérable sur la liste rouge de l'UICN : il est pêché pour son huile de foie, pour sa peau, qui donne un cuir de qualité, pour sa chair et ses ailerons, notamment au Panama, au Brésil, au Venezuela et dans les Caraïbes, et son abondance a reculé depuis quelques décennies ; il se porte mieux aux États-Unis et aux Bahamas. Il n'est pas agressif, mais des morsures sont connues, sur des nageurs comme sur des plongeurs, et leur nombre a augmenté avec les nourrissages organisés pour les touristes : sa prise est celle d'un étau, et ses mâchoires, une fois refermées, ne s'ouvrent parfois qu'avec des instruments chirurgicaux. Un requin nourrice qu'on ne touche pas, qu'on ne tire pas et qu'on ne nourrit pas ne fait rien à personne.

Notre conseil

Laissez-le dormir : regardez-le de côté, à distance, sans le toucher, sans le tirer par la queue et sans lui boucher la sortie de sa grotte. Sa morsure est une prise d'étau qui ne lâche pas, et il mord quand on le dérange ou quand on le nourrit. En plongée de nuit, éclairez-le de biais, jamais dans les yeux, et laissez-le passer.

Crédits des images

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