Le requin-nourrice fauve, brun, 2,50 mètres en moyenne, dort le jour sous les surplombs et chasse la nuit dans les trous du récif. Aux Maldives, on le trouve au repos dans les failles des pinacles, souvent à plusieurs. Il est classé vulnérable et protégé comme tous les requins du pays.
Comment le reconnaître ?
Le requin-nourrice fauve, Nebrius ferrugineus, est un requin massif au corps légèrement aplati, qui mesure 2,50 mètres en moyenne et peut atteindre 3,20 mètres. La robe est uniforme, fauve à brun-gris sur le dos et les flancs, plus pâle sous le ventre. La tête est large et plate : la bouche, petite et placée sous le museau, porte deux barbillons nasaux ; les yeux sont minuscules, à pupille horizontale, avec un spiracle encore plus petit derrière chacun. Quatre fentes branchiales sont visibles. Les deux nageoires dorsales, triangulaires, sont rejetées très en arrière ; les pectorales sont longues, pointues et en faux ; la caudale, sans lobe inférieur marqué, représente environ le tiers de la longueur du corps. On le distingue du requin pointes blanches par sa couleur unie, sa tête aplatie et sa nage lente, près du fond.
Comment vit-il ?
C'est un requin des récifs coralliens, de la mer Rouge et de l'océan Indien jusqu'au Japon, au nord de l'Australie et à la Polynésie, de la surface à 70 mètres, surtout dans les trente premiers mètres. Il vit la nuit : le jour, il repose dans les grottes, les failles et sous les blocs de corail, où l'on trouve souvent plusieurs individus serrés les uns contre les autres. À la tombée du jour, il part fouiller le récif. Son pharynx fonctionne comme une pompe : il aspire poulpes, petits poissons, crabes, crevettes, langoustes et oursins dans les trous où ils se cachent, et il peut aussi souffler un jet d'eau, ce qui lui vaut le surnom de requin cracheur. Il est ovovivipare, avec oophagie : les embryons se nourrissent des oeufs produits par la mère, et la portée compte quatre à huit petits, nés entre 40 et 60 centimètres.
Où et quand le voir aux Maldives ?
Aux Maldives, il se rencontre toute l'année, au repos sous les surplombs et dans les failles des thilas et des récifs extérieurs, le plus souvent entre 5 et 30 mètres. Le jour, on le découvre allongé sur le sable d'une grotte, parfois à plusieurs ; la nuit, il circule lentement sur le platier à la recherche de poulpes, et c'est en plongée de nuit qu'on le voit le mieux chasser. Il tolère les plongeurs calmes qui restent à distance, mais il quitte sa cache si l'on insiste ou si une lampe lui frappe les yeux.
Est-il menacé ?
Le requin-nourrice fauve est classé vulnérable sur la liste rouge de l'UICN : il grandit lentement, se reproduit peu et vit près des côtes, où il est pris dans les filets et pêché pour ses ailerons, sa peau et son foie. Aux Maldives, il bénéficie de l'interdiction totale de la pêche aux requins en vigueur depuis mars 2010. Généralement inoffensif, il peut infliger une morsure sérieuse s'il est dérangé pendant son repos : on ne le touche pas, on ne l'attrape pas, on ne le tire pas hors de sa grotte.
Notre conseil
Ne le dérangez pas dans sa cache : il paraît endormi, mais il mord sérieusement quand on le touche et il ne lâche pas. Observez-le de côté, à distance, et en plongée de nuit évitez la lampe dans les yeux. Laissez le passage libre devant sa grotte, c'est par là qu'il sort.
