Le requin mako est le plus rapide de tous : un fuseau bleu métallique de 2,50 à 3,20 mètres, capable de pointes à 74 km/h et de bonds hors de l'eau. Il passe parfois pendant les sorties requins du banc Condor, aux Açores. La pêche l'a décimé, et l'espèce est classée en danger.
Où plonger pour voir le requin mako ?
Comment le reconnaître ?
Le requin mako, ou requin-taupe bleu, est un fuseau : un corps épais au milieu, effilé aux deux bouts, un museau conique et pointu, de grands yeux noirs et une bouche où les dents, longues, étroites et lisses, restent visibles même fermée. Le dos est d'un bleu métallique profond, les flancs argentés, le ventre blanc ; les juvéniles ont le bout du museau noir. La queue est en croissant presque symétrique, avec une carène marquée de chaque côté du pédoncule caudal, comme chez les thons qu'il chasse. Les adultes mesurent 2,50 à 3,20 mètres pour 60 à 140 kilos ; les femelles, plus grandes, dépassent 3,80 mètres et 550 kilos, et le record est un individu de 600 kilos pris au large de la Californie en 2013.
Comment vit-il ?
Le mako vit au large, dans les eaux tempérées et tropicales du monde entier, de la surface à 150 mètres le plus souvent, et il quitte rarement une eau de moins de 16 °C. Comme son cousin le grand requin blanc, il est endotherme : un réseau d'échangeurs garde ses muscles 4 à 5 °C au-dessus de la température de l'eau, ce qui lui donne des pointes à 74 km/h, les plus rapides de tous les requins, et des sauts de plusieurs mètres hors de l'eau. Il chasse les calmars, les maquereaux, les thons et les espadons, parfois des requins, des dauphins ou des tortues. Les femelles mettent bas 4 à 18 petits de 70 centimètres après quinze à dix-huit mois de gestation, tous les trois ans ; les mâles sont adultes vers huit ans, les femelles vers dix-huit, et l'espèce vit une trentaine d'années.
Où et quand le voir aux Açores ?
Le mako fréquente les mêmes eaux que le requin bleu, et c'est pendant les sessions requins du banc Condor, à 17 kilomètres de Faial, qu'on le croise : de juillet à la mi-octobre, les centres de Horta et de Madalena attirent les requins avec une caisse d'appât fermée, et le mako passe parfois dans le bleu entre les requins bleus, plus rarement et plus vite qu'eux. Il est aussi signalé dans le bleu du banc Princesse Alice. On ne descend pas plus bas que 10 mètres, on reste sur le bout, et le code de conduite des Açores limite le groupe à huit plongeurs et un guide, sans nourrissage ni contact.
Est-il menacé ?
Recherché pour sa chair et ses ailerons, pris en masse par les palangriers à thon et à espadon, le mako a vu sa population de l'Atlantique nord s'effondrer : l'UICN l'a fait passer de vulnérable à en danger en 2019, et il est inscrit depuis la même année à l'annexe II de la CITES, qui encadre son commerce international. En Méditerranée, il a presque disparu. Sa croissance lente et sa maturité tardive, dix-huit ans pour une femelle, rendent toute reprise de la pêche fatale : chaque mako vu vivant au banc Condor vaut plus qu'il ne pèse.
Notre conseil
Il arrive vite et repart aussi vite : restez sur le bout, en binôme, et ne tentez pas de le suivre. Un mako plus nerveux qu'un requin bleu se tient à distance, on ne le provoque pas et on garde les mains le long du corps. Le guide décide seul de sortir le groupe de l'eau si un individu insiste.

