L'otarie de Californie est une otarie à oreilles de la côte ouest de l'Amérique du Nord, joueuse et acrobate ; le mâle atteint 2,70 mètres et 350 kilos. En mer de Cortez, les jeunes de Los Islotes, près de La Paz, viennent jouer avec les plongeurs. Le site ferme de juin à fin août.
Où plonger pour voir l'otarie de Californie ?
Comment la reconnaître ?
L'otarie de Californie est une otarie à oreilles : de petits pavillons externes, un cou mobile, et des nageoires avant longues et puissantes qui la propulsent par battements, le corps glissant entre deux coups. Sur les rochers, elle replie ses nageoires arrière sous elle et marche. Le dimorphisme est fort : les femelles font environ 2,10 mètres pour 100 kilos, le pelage blond à fauve ; les mâles atteignent 2,50 à 2,70 mètres pour 350 kilos, parfois bien plus, le pelage brun sombre à noir, le cou épais et le front marqué d'une crête osseuse. Les petits naissent brun foncé, 7 kilos environ, et muent vers 4 ou 5 mois. Sa colonne souple lui permet de se retourner sur elle-même en pleine eau : sous l'eau, c'est une acrobate.
Comment vit-elle ?
Elle vit le long de la côte ouest de l'Amérique du Nord, du sud-est de l'Alaska au centre du Mexique, golfe de Californie compris, où une population de quelque 31 000 individus reste toute l'année sans migrer. Elle chasse calmars, anchois, sardines et maquereaux au large, et peut passer deux semaines en mer. De mai à août, les mâles tiennent un territoire sur les plages de reproduction, à jeun, une trentaine de jours, et attirent jusqu'à quatorze femelles ; les naissances ont lieu en juin et juillet, et la femelle alterne ensuite des séjours en mer de deux à cinq jours et des retours pour allaiter, pendant près d'un an. Les mâles aboient, les mères et les petits se reconnaissent à la voix et à l'odeur. Très intelligente, peu craintive des humains quand elle y est habituée, elle est l'otarie des zoos et des delphinariums.
Où et quand la voir au Mexique ?
Los Islotes, deux îlots au nord de l'île Espíritu Santo, à 45 minutes de panga de La Paz, abritent une colonie d'environ 300 otaries. Les jeunes viennent au-devant des plongeurs et des nageurs, mordillent les palmes, tirent sur les sangles des masques, jouent avec tout ce qui bouge, entre 5 et 15 mètres de profondeur, dans une eau à 20 °C en hiver et 27 à 29 °C d'août à octobre. Le site est fermé à la nage et à la plongée de juin au 31 août, par décision de la CONANP, parce que les mâles en période de reproduction chargent les intrus ; des attaques ont eu lieu les années où la règle n'était pas respectée. Les otaries se voient aussi sur les rochers de Land's End, à Cabo San Lucas, et à Isla Coronado, près de Loreto.
Est-elle menacée ?
L'UICN classe l'otarie de Californie en préoccupation mineure : la population américaine, protégée depuis 1972, a crû de 7 % par an jusqu'à approcher la capacité du milieu. Celle du golfe de Californie, en revanche, avait baissé de 20 % en 2008. Les menaces sont les filets et engins de pêche, dans lesquels elle s'emmêle, et le nourrissage par les humains, qui la rend dépendante et la rapproche des bateaux. Sur les sites de reproduction, elle est craintive et fuit à l'eau si on approche : c'est pourquoi les règles de Los Islotes interdisent de monter sur les rochers, de toucher et de nourrir.
Notre conseil
Restez loin des rochers et des gros mâles, et laissez les jeunes venir à vous : ils viendront. Ne touchez pas, ne nourrissez pas, ne vous approchez jamais d'un petit sur la plage. Hors saison de reproduction, gardez quand même le guide en vue, un mâle territorial se reconnaît à son aboiement et à sa charge.

